HEUREUX ceux qui sont persécutes pour la justice

HEUREUX LES PERSÉCUTES POUR LA JUSTICE, le Royaume des Cieux est à eux
HEUREUX LES PERSÉCUTES POUR LA JUSTICE, le Royaume des Cieux est à eux

HEUREUX CEUX QUI SONT PERSÉCUTES POUR LA JUSTICE

car le Royaume des Cieux est à eux

 

 «Il n’y a pas de plus grand amour

           que de donner sa vie pour ceux que l’on aime» Jn, 15. 13

 

Cette béatitude a une importance particulière. Elle est la dernière, la conclusion. Comme pour la première, la récompense promise est la possession du Royaume, le fait que l’amour de Dieu vienne régner entièrement dans notre vie !  Elle présente l’accomplissement du chemin proposé par les Béatitudes, le sommet du travail de l’Esprit Saint dans une vie humaine qui consent à accueillir la Croix comme un don de Dieu et à en rendre témoignage.

Dieu se donne totalement à nous pour que nous puissions en retour nous donner totalement à lui. Il nous aime sans mesure pour que nous puissions l’aimer sans mesure, plus que notre vie.

Comment pratiquer aujaujourd’hui cette Béatitude ?

. Avec les formes modernes de la persécution, il n’y a pas d’endroit protégé. Nous devons être prêts à tout. Cela ne veut pas dire que nous devons nous inquiéter. Jésus insiste là-dessus : nous n’avons pas à préparer notre défense, « car l’Esprit Saint vous enseignera à cette heure- là ce qu’il faudra dire » (Lc 12,12). Mais nous devons vivre fidèlement notre vocation chrétienne, persévérer dans la prière et nous attacher au Christ plus qu’à tout autre chose.

. Plus que jamais nous faut-il prier pour chaque frère qui donne sa vie au nom de sa foi,  pour celui qui est confronté à la restriction de liberté ou à la discrimination parce qu’il est croyant.

. Plus que jamais, quand nous rencontrons le mépris, l’incompréhension, l’injustice, parce que nous essayons de vivre les valeurs de l’Evangile, confions-nous à notre Père, lui qui est Bonté et Fidélité, et demandons-lui la grâce de pardonner à qui nous offense.

. Vivre la huitième béatitude, c’est donc accepter que la vie chrétienne soit un combat où, comme saint Augustin, nous implorons Dieu de ne pas laisser les ténèbres nous parler, mais de rayonner de sa Lumière et de sa Vérité.

Tout combat spirituel nécessite beaucoup de vigilance et de vaillance, mais aussi une confiance absolue, pareille à celle d’un enfant, envers la promesse du Seigneur  « Je vous le dis à vous mes amis : quiconque se sera déclaré pour moi devant les hommes, le Fils de l’homme aussi se déclarera pour lui devant les anges de Dieu » Lc 12, 8.

Et, il n’est de juste combat que celui qui ouvre le Royaume des Cieux, qui déjà est notre,  à tous ceux auprès desquels, en ce monde, nous sommes envoyés !

Comme l’écrit merveilleusement Sainte Thérèse de Lisieux (Poésie 36) :

« Je veux t’aimer comme un petit enfant, je veux lutter comme un guerrier vaillant »

 

Invitation à la contemplation :

                                                                 « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître.

                                       S’ils m’ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront » Jn 15, 20

Je te regarde et je t’écoute Jésus, le Fils de Dieu, visage de Don Total 

Toi qui nous confies: « Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne »,

Toi qui nous dis : « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera à cause de mon nom.   Cela vous amènera à rendre témoignage.              

Mettez- vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister, ni s’opposer »  Lc 21, 12 à 14,   

Toi qui pries pour nous : « Père, je ne te demande pas de retirer du monde ceux que tu m’as donnés, mais de les préserver du mal. Consacre-les dans ta vérité, ta parole est la vérité. Je me consacre moi-même pour eux afin qu’eux-aussi soient consacrés dans la vérité » Jn 17.

Toi, Seigneur, qui as livré ta vie pour la gloire de Dieu et le salut du monde,

Toi, le juste, aide- moi à prier  avec fidélité et abandon :

« Notre Père qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne,

que ta volonté soit faite sur terre comme au ciel. Donne- nous aujourd’hui notre pain de ce jour, pardonne- nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés,

ne nous laisse pas enter en tentation, mais délivre-nous du mal.  Ainsi soit-il.

 

 Et je me tourne vers Marie, Mère de Dieu, Notre Dame de toute Victoire

en méditant ce texte de Jacques Philippe :

« Au sujet de la huitième béatitude,  je propose de nous confier à Marie : elle est notre plus puissante et plus efficace auxiliaire dans le combat spirituel. Son cœur est un havre de paix et d’espérance pour tous ceux qui se réfugient en elle, son intercession est toute puissante auprès de Dieu, sa présence et son soutien sont une force immense dans les luttes et tentations qui sont les nôtres, sa tendresse maternelle une douce consolation dans l’épreuve.  Sa foi, son humilité, la pureté de son amour la rendent inexpugnable dans le combat spirituel ; elle est « redoutable comme une armée rangée en bataille » selon l’expression du Cantique des cantiques.   Si nous nous confions à Marie, si nous nous laissons enrôler dans cette milice des pauvres et des petits qu’elle convoque et rassemble aujourd’hui sous son manteau pour le combat des derniers temps, rien ne pourra nous vaincre, nous aurons toujours la grâce de nous relever et de reprendre la lutte jusqu’à la victoire ultime de l’Amour »

                                (Le bonheur où on ne l’attend pas, p. 178, 179

Editions des Béatitudes)

5 réponses sur “HEUREUX ceux qui sont persécutes pour la justice”

  1. « Au terme de la neuvaine, nous arrivons aussi à la huitième et dernière béatitude qui n’est ni la moindre, ni la moins difficile : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux ».
    Qui sont les persécutés pour la justice ? La réponse est donné explicitement par Jésus : « Heureux êtes- vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie». La persécution se manifeste en toute forme de violence et elle a une cible : « à cause de moi ». Avant la Passion, Jésus rappelle : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître, si l’on m’a persécuté, on vous persécutera vous aussi ». (Lc 6, 40) Ceux qui vivent de la Justice divine sont hommes de foi ; ce sont certes les martyrs, mais aussi tous les baptisés invités à suivre le Christ crucifié qui a fait don de sa vie.

    Le suivre n’entre dans aucune logique humaine, mais dans la logique de Dieu. Le parcours de Saint Pierre peut nous aider à comprendre le chemin de la Croix. Dans un premier temps, Pierre, certain du succès de la mission, peut dire haut et fort : « Tu es le Messie » (Matt 13, 16 à 19). Mais quand Jésus annonce ses souffrances et sa mort à venir, la mort du Serviteur souffrant annoncée par Isaïe, Pierre rejette cette annonce inadmissible pour lui. La réponse est dure : « Passe derrière moi Satan ! ». (Mc 8,33). C’est tout l’enjeu du chemin de la Croix, s’en écarter, c’est se détourner de la Volonté de Dieu, c’est faire le jeu du diviseur.
    Pierre est mis à l’épreuve de la Foi… et Pierre va chuter… Mais ayant pris conscience qu’il a renié un ami et, surtout, qu’il a renié celui qui allait mourir pour lui par amour, il se tourne à nouveau, plein de larmes, vers Jésus qui le relève par son regard. Dans ce regard empli d’amour, Pierre apprend à ne plus se détourner de la Croix, elle est incontournable, et il prend le chemin de l’abandon total.
    Par son amour, Dieu sauve le monde et recrée de l’intérieur le cœur de l’homme : « Pierre, m’aimes-tu ? » (Jn 21,15). Par ses trois réponses qui sont un lâcher prise, (comme celui de Marie à l’Annonciation), Pierre laisse maintenant Dieu prendre le gouvernail de sa vie et son « je crois » devient « je t’aime » !
    S’ajuster à Dieu, c’est se décentrer de soi-même et entrer dans une vraie charité. Et c’est Pierre lui-même qui dans sa 1ère Lettre (que l’on peut considérer comme la 1ère encyclique) nous invite tous à « prendre l’humilité comme tablier de service » (1 Pierre, 5, 5). Ce tablier de l’humilité est le tablier revêtu par le Christ lors du « Lavement des pieds ». (Jn 13)

    La béatitude « Heureux les persécutés pour la justice » nous convie à prendre part au combat de Dieu contre le mal en vue de la croissance de son règne sur terre. Elle est invitation à ne pas avoir peur du combat spirituel, car c’est l’un des profonds aspects de notre vie chrétienne.
    L’épreuve n’est pas la tentation qui est œuvre du tentateur. Elle est ce mal qui nous renvoie à notre condition humaine en situation de devenir. Elle n’est pas opérée par Dieu, même si dans un raccourci, on peut dire qu’Il la permet. Il nous faut l’affronter avec le Christ, comme un chemin vers Pâques.
    Dans le combat intérieur, pour ne pas perdre l’orientation qui nous conduit vers Dieu, il faut se rappeler des soutiens que proposent les auteurs spirituels et le pape François : ce sont ceux
    – de la référence à la Parole de Dieu qui est notre boussole,
    – du discernement permettant d’établir la carte d’identité de cette épreuve : vient- elle de Dieu, ou de moi-même et de mon propre péché ?
    – de la prière, de la prière de l’Eglise, des sacrements, de l’accompagnement spirituel, qui nous aident à résister et à avancer vers la lumière de la paix et de la consolation.
    A cela, j’ajouterai deux conseils pour ces moments de combat :
    – ne pas se comparer avec les autres qui auraient plus de félicité… Il est inutile et injuste de se déconsidérer,
    – ne pas prendre de décisions trop optimistes pouvant nous amener au découragement. L’important est de rester dans la confiance.
    Bien sûr, il y a des défaites, mais dans le combat spirituel, le Seigneur est toujours notre secours et notre Sauveur !
    A notre intention, Saint Paul lui- même, relisant son propre combat, écrit (Lettre aux Rom, ch7, 19) : « Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas »… Il a un regard réaliste sur sa situation, parfois même éprouve-t-il le découragement, mais alors il se retourne vers Dieu : « Grâce soit à Dieu par Jésus Christ, notre Seigneur ». Et, il ne cesse de faire confiance à la Grâce qui est le don précieux de Dieu.

    Enfin, n’oublions pas qu’aujourd’hui (selon l’Aide à l’Eglise en Détresse), 200 000 chrétiens connaissent la persécution sous une forme ou sous une autre. Confions- les au Seigneur dans la prière. C’est si important que vous me permettrez de partager encore cette « perle » qui m’est chère : en 2010, j’ai eu la joie de faire un voyage parmi les plus beaux à Palmyre et dans ses environs. J’y ai rencontré le Père Jacques MOURAD, prêtre de l’Eglise syriaque catholique à Qariatayn. C’est quelques semaines plus tard que cette guerre affreuse en Syrie commençait. En 2015, le père Mourad a été pris en otage par les djihadistes. Et voici quelques extraits de ce qu’il écrit dans son livre -témoignage : « Un moine en otage » qui vient d’être publié aux Editions de l’Emmanuel :
    « La première semaine a été la plus difficile, raconte-t-il. Après avoir été détenu quelques jours dans une voiture, le dimanche de Pentecôte, on m’emmène à Raqqa. J’ai vécu ces premiers jours de captivité partagé entre la peur, la colère et la honte. »
    Le grand tournant de sa captivité est associé, par le P. Jacques, avec l’entrée au 8ème jour dans sa cellule, qu’il partageait avec un diacre, d’un homme en noir, le visage masqué comme ceux qui apparaissent dans les vidéos d’exécution de Daech. « Mon heure est venue », se dit-il, effrayé. Mais, au contraire, l’homme engage alors un assez long entretien, comme si l’inconnu cherchait réellement à mieux connaître les deux hommes en face de lui. « Prends-le comme une retraite spirituelle », lui répond-il, quand le P. Jacques l’interroge sur les raisons de sa captivité. « Dès lors, ma prière, mes journées prirent du sens, résume le prêtre syrien.
    Comment vous expliquer ? J’ai senti qu’à travers lui, c’était le Seigneur qui m’adressait cette parole. Ce moment fut d’un grand réconfort. Grâce à la prière, j’ai pu regagner ma paix. On était en mai, le mois de Marie. Nous nous sommes mis à réciter le chapelet, que je ne priais pas beaucoup auparavant. Toute ma relation avec la Vierge en a été renouvelée. Grâce à la prière, aux psaumes, je suis entré dans une paix qui ne m’a plus quitté. Je me souvenais des paroles du Christ dans l’évangile de saint Matthieu : « Bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous persécutent. J’étais joyeux de pouvoir vivre vraiment cette parole.
    Ce n’est pas une petite chose que de pouvoir vivre l’Évangile, en particulier ces versets difficiles. Je me suis mis à ressentir de la compassion pour mes ravisseurs…
    Le 23e jour de ma captivité, ils sont entrés soudain. La flagellation a duré quelque trente minutes. Le fouet était fait d’un bout de tuyau d’arrosage et de cordes. J’ai eu mal, physiquement, mais en profondeur, j’étais en paix. J’étais dans une grande consolation de savoir que je partageais quelque chose de la souffrance du Christ. J’en étais aussi extrêmement confus, m’en sentant indigne. Je pardonnais à mon bourreau alors même qu’il me fouettait. De temps en temps, je réconfortais d’un sourire le diacre Boutros, mon compagnon de captivité, qui se contenait difficilement de me voir fouetter de la sorte. Par la suite, je me suis rappelé le verset où le Seigneur dit que c’est dans notre faiblesse que sa force se manifeste. J’en étais continuellement étonné, car je me savais faible, spirituellement et physiquement, souffrant d’un mal de dos depuis mon enfance. Les conditions de détention étaient telles que ce mal devait en principe augmenter ; mais ce n’était pas le cas alors que je dormais par terre et n’avais aucun moyen de faire de la marche dans ces toilettes… ».
    Le 4 août, le groupe djihadiste prend le contrôle de Palmyre et, par là même, de Qaryatayn. Le lendemain, à l’aube, il prend en otage la population, quelque 250 personnes, qui sont conduites à Palmyre. Le 11 août, le P. Jacques et son compagnon en prennent eux-mêmes le chemin. Voici comment : « Un chef est entré dans notre cellule. « Tu es Baba Jacques ? fait-il, allez, viens ! Les chrétiens de Qaryatayn nous ont cassé la tête en nous parlant de toi ! » « Qu’est-ce que je vois alors ? La population de Qaryatayn entière, stupéfaite de me voir. Ce fut un moment d’indicible souffrance pour moi. Pour eux, un extraordinaire moment de joie.
    Vingt jours plus tard, le 1er septembre, nous sommes ramenés à Qaryatayn, libres, mais avec interdiction de quitter le village. Nous étions désormais sous leur protection moyennant le paiement d’une taxe spéciale de laquelle s’acquittent les non-musulmans. »
    « Aujourd’hui, conclut le P. Jacques – qui a bravé l’interdiction de quitter Qaryatayn et a trouvé un moyen de s’enfuir, grâce à l’aide de jeunes musulmans (reconnaissants de l’aide apportée par les chrétiens aux populations quelles que soient leur religion) –, je continue d’éprouver pour mes ravisseurs le même sentiment que j’ai eu pour eux quand j’étais leur prisonnier : la compassion. Ce sentiment vient de ma contemplation du regard que Dieu porte sur eux, malgré leur violence, comme Il le porte sur tout homme : un regard de pure miséricorde, sans le moindre désir de vengeance.»
    (Le témoignage du père Jacques Mourad est à retrouver dans son livre : « Un moine en otage, le combat pour la paix d’un prisonnier des djihadistes ». Ed. de l’Emmanuel, et sur Internet : http://www.lorientlejour.com/article/957761)

    « Heureux les persécutés pour la justice, le Royaume des Cieux est à eux » : cette promesse qui est la même que celle contenue dans la 1ère béatitude, vient du Père quand nous le prions : « Que ton règne vienne ». Ce Règne des Cieux est déjà là aujourd’hui pour tous ceux qui dans l’épreuve dans la Foi se place sous sa protection : « Heureux êtes- vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi. Soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux. »

    Extraits de la méditation de Mgr Dollmann, archevêque de Cambrai
    Neuvaine Notre Dame du Saint Cordon, le 17/9/2018
    (d’après la relecture de Edith Godin)

  2. Dans les Béatitudes, Jésus nous parle d’un bonheur possible, sans plus attendre. Il y a du bonheur à vivre en frères. Il y a du bonheur pour les pauvres de cœur, pas pour ceux qui prétendent tout savoir, mais pour ceux qui savent se remettre en question, qui consentent à admettre qu’ils n’ont toujours rien compris. Il y a du bonheur pour ceux qui pleurent, mais pas pour les geignards, les larmoyants, les gémissants, les pathétiques. Il y a du bonheur pour ceux qui savent se laisser toucher par les joies, les soucis, les angoisses, les espoirs de tous ceux qui vivent autour d’eux. Il y a du bonheur pour les doux, pas pour les durs, les psychorigides… Il y a du bonheur pour ceux capables de compassion, de bienveillance, de charité. il y a du bonheur pour ceux qui se passionnent pour la justice, pour ceux capables de s’insurger contre la bêtise humaine, pas pour les déserteurs… Il y a du bonheur pour ceux qui sont capables de miséricorde autant pour d’autres que pour eux-mêmes… Pour les cœurs purs et ceux qui ne calculent pas… Il y a du bonheur pour ceux qui s’acharnent à faire la paix…Il y a du bonheur pour ceux qui croient en l’avenir plus qu’aux erreurs du passé… Il y a du bonheur pour les persécutés, ceux qui sont insultés… à certaines heures de la vie, on n’a rien à envier de ce côté-là… parfois en conséquence des autres béatitudes…
    Finalement, le bonheur des béatitudes n’est pas la recherche d’un « bien-être » mais plutôt « d’être bien ». Pas facile…

  3. Cette béatitude est, évidemment, dérangeante, incompréhensible et difficile à accepter au premier abord.
    Comment peut-on accepter l’injustice de la maladie, l’injustice au travail, l’injustice par rapport à la souffrance physique ou psychique d’un enfant ?
    Le harcèlement, la calomnie, le manque de respect ou de scrupules, la maladie, la souffrance, la mort prématurée etc…, autant de faits, auxquels nous avons pu être confrontés à un moment de notre vie.
    Notre première réaction est : pourquoi moi, pourquoi lui ? Quelle injustice ! Notre premier sentiment est la colère et la révolte.
    Et pourtant, chaque épreuve nous aide à grandir, à réfléchir et parfois à vivre différemment en se recentrant vers une nouvelle ligne de vie.

    Si on prend l’exemple de la maladie, quoi de plus injuste ! On entend souvent dire « il ou elle, ne le méritait pas ». Et, en même temps, les malades nous disent qu’ils ne vivront plus « comme avant ». Ils vont changer de vie, oublier ce qui est superficiel pour se recentrer vers d’autres valeurs plus profondes comme la famille, la nature etc.. Les petites joies de chaque jour qui deviennent si précieuses.

    L’injustice au travail, un autre exemple. On a pu être confronté à l’évolution rapide de personnes peu scrupuleuses, méprisant les règles et les valeurs humaines. Notre première réaction est souvent la colère, un sentiment d’injustice. Et puis avec le recul et la réflexion nécessaire , on s’aperçoit qu’une évolution de carrière qui se fait dans le respect des autres, est certainement plus gratifiante et plus satisfaisante. L’expression usuelle est « Je peux me regarder dans un miroir ». La ligne de conduite que l’on s’est fixée devient notre repère et notre fierté.

    L’injustice, la plus difficile à accepter pour des parents, est celle qui touche notre enfant ! La maladie, le harcèlement, la souffrance ….. Autant de faits, qui nous révoltent ! Il s’agit d’abord, d’avoir le courage d’accepter. Alors seulement, on pourra aider notre enfant à se reconstruire et à grandir. Cet enfant, qui aura appris à se battre, sera certainement plus fort face à l’adversité et dans sa vie d’adulte.

    Pour conclure, toutes formes d’injustice, nous permet de fortifier l’esprit. Cela va nous permettre de nous dépasser. Si toutefois, nous étions malmenés par la vie, nous ne verrions plus cela comme une injustice, mais comme une difficulté à surmonter et, en puisant dans cette force intérieure, nous allons trouver notre vrai chemin. C’est ainsi, que nous allons nous recentrer vers les valeurs essentielles et comprendre cette béatitude .

  4. « Je reçois cette Béatitude non personnellement car je ne me sens pas persécutée par quelqu’un d’autre extérieur à ma famille, mais plus par mes propres enfants dans le sens où ils ne suivent pas le chemin spirituel donné par mes propres parents et beaux-parents en église et à la maison. Pour ne pas couper les liens ou les amoindrir, il nous faut accepter tout compromis avec la sexualité des jeunes, leurs priorités sociales et morales qui ne sont plus les mêmes qu’à notre « époque » (je mets le mot entre guillemets car c’est l’argument phare des jeunes), leur avis sur Dieu… au risque souvent de taire notre propre foi.
    Par contre le problème des immigrés répond pour moi complétement à cette béatitude, car le mal autour d’eux, les chassant de leur pays pour vivre debout, manger à leur faim, avec un minimum de soins médicaux et portant leur famille à bout de bras, me replace dans mon confort sans doute égoïste et me pose question pour ce que je pourrais faire » C.D.

  5. Un personnage m’est venu à l’esprit quand j’ai lu la béatitude : Martin Luther King… Il a mené un combat pour défendre les noirs, pour plus de justice, contre le racisme… Il a été assassiné…
    Je pense aux apôtres dont la lourde tâche a été de transmettre les paroles du Christ à travers le monde pour plus de justice… Ils ont été persécutés et ils sont au royaume des cieux… Mais en fait, pour nous chrétiens, qu’est- ce que la « justice », qu’est-ce que le « Royaume des cieux » aujourd’hui ??
    Pour les chrétiens et pour ceux qui n’ont pas de religion, la justice est-elle la loi du « Cœur », celle d’un « Etat », celle du Royaume de Dieu ?
    Ce Royaume est un mystère pour certains, une consolation pour d’autres, un espoir de retrouver les chers disparus ou d’avoir une vie meilleure… on ne peut pas concevoir qu’il n’y ait plus rien après la mort…
    Dieu est un père qui protège rassure et aime. Son Royaume est un royaume d ‘amour : les « rejetés » (les persécutés) y seront accueillis, leurs souffrance apaisées… c’est un immense espoir pour eux !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.