HEUREUX les pauvres de coeur

HEUREUX LES PAUVRES EN ESPRIT, le royaume des Cieux est à eux
HEUREUX LES PAUVRES EN ESPRIT, le royaume des Cieux est à eux

HEUREUX  LES PAUVRES DE CŒUR,  car le Royaume des Cieux est à eux

« Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout- petits » Lc 10, 21

Cette première béatitude est la source de toutes les autres et les contient en germe !

En effet, celui qui a un cœur de pauvre sait que les dons de Dieu ne sont pas à conquérir mais à accueillir, et qu’il est invité à partager avec la même générosité et avec la même gratuité dont il bénéficie de la part de Dieu :

 «Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement »  Mt 10,8    

 

Etre pauvre dans son rapport avec Dieu, c’est

. Reconnaitre notre totale dépendance à l’égard de son Amour : « Un pauvre a crié, le   Seigneur écoute, et de toutes ses angoisses, il le sauve » Ps 33,7,

. Reconnaître que ce que nous sommes, ce que nous avons, ce que nous accomplissons de bien, est quelque chose qui nous est donné et dont nous ne pouvons jamais nous prévaloir,

. C’est rendre grâce à Dieu de l’Amour qu’il nous porte et que nul ne peut nous ôter.

La pauvreté de cœur, l’humilité, sont un bonheur car elles nous mettent  dans la main de Dieu,  nous invitent à la joie filiale, et ainsi nous relient toujours plus complètement à Lui !

 

Etre pauvre dans la relation avec soi-même, c’est

. nous accepter tels que nous sommes dans nos fragilités, nos imperfections, nous réconcilier avec elles et placer notre espérance non pas en nous- mêmes, mais en Dieu seul,

. c’est accueillir la force de l’Esprit Saint en osant dire comme saint Paul : « La puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse… C’est quand je suis faible que je suis fort »  (2 Co 12).

 

Etre pauvre dans la relation avec le prochain, c’est

. Renoncer à toute emprise sur l’autre, c’est l’attendre dans la douceur et la patience, sans le contraindre ni se l’approprier, c’est accepter d’être compris… et aussi d’être incompris !

. Servir l’autre avec générosité, ouvrir la main fraternellement, particulièrement à celui qui est pauvre, humilié : « Je suis au milieu de vous, dit Jésus, comme celui qui sert » (Mt 23, 11).

 

Etre pauvre dans la relation avec la Vie, c’est

.  accueillir ce que la vie nous donne, sans que notre cœur ne soit asservi par rien,

.  c’est s’abandonner dans la foi : « Heureux celui qui croira sans avoir vu » (Jn 20,29)

. c’est consentir à ne pas tout maîtriser et se laisser conduire avec confiance, comme nous y invite sainte Thérèse de Lisieux,  dans les chemins imprévisibles de la vie

« C’est la confiance, rien que la confiance, qui doit nous conduire à l’Amour »  (lettre 197)

 

Invitation à la contemplation

 « L’Esprit du Seigneur m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, apporter aux opprimés la libération » Lc 4, 18

 Je te regarde et je t’écoute, Jésus, le Fils de Dieu, visage des pauvres,  

. Toi qui ouvres le coeur au don de la CHARITE : «  Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Mt 25, 40

. Toi qui donnes au pauvre l’ESPERANCE : « Demandez, vous obtiendrez ;

                                   Cherchez, vous trouverez ;

      Frappez, la porte vous sera ouverte.

         Celui qui demande reçoit,

Celui qui cherche trouve,

et pour celui qui frappe, la porte s’ouvrira » Mt 7, 7et 8

 

. Toi qui fortifies et éclaires la FOI de l’humble serviteur :

«  Celui d’entre vous tous qui est le plus petit, c’est celui- là qui est grand »  Lc 9, 48

«  Qui veut être le plus grand parmi vous se fera le serviteur de tous » Mt 23,11

Seigneur Jésus, aide- moi à comprendre que « là où est mon trésor, là aussi est mon cœur ». Purifie mon âme de toutes les prétentions et impatiences qui l’éloignent de Toi et des autres.

Aide- moi à m’en remettre à la Providence de ton Père  pour être libre, en l’Esprit, d’aller vers celui qui attend la douceur quand il connait la violence et vers celui qui attend ta consolation. Fais de moi un humble acteur de ta justice et un instrument de ta miséricorde.

Et donne- moi, avec ta Paix juste, la force joyeuse de ne cesser de dire avec Marie, la première sur le chemin des Béatitudes, 

« Qu’il me soit fait selon ta Parole ! »

Et je me tourne vers Marie,  mère de Dieu, Notre Dame qui écoute le cœur des pauvres :

Vierge Marie, toi qui as dit : « je suis la servante du Seigneur »,

Vierge Marie, toi qui te réjouis et t’émerveille du « Don de Dieu »,

merci de dire avec nous aujourd’hui  – MAGNIFICAT

«  Le Seigneur fit pour moi des merveilles, Saint est son nom

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles. Saint est son nom !
Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères,  en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. »  Lc 1

5 réponses sur “HEUREUX les pauvres de coeur”

  1. « Cette première béatitude, clé de toutes les autres, nous rappelle qu’être pauvre de cœur est un appel et une réponse à donner au don que Jésus nous a fait de sa vie, de son amour.
    Les béatitudes sont réellement un chemin de sainteté pour tous. Récemment le pape François, dans son exhortation sur la sainteté, disait à leur sujet qu’elles sont la carte d'identité du chrétien. Leur message a traversé les siècles et nous est donné aujourd'hui.
    Ce message n'a pas pris une ride et continue de venir bousculer les valeurs humaines… car, avouons-le, c'est plutôt le contraire qui se vit dans notre société : celui qui veut être humble se fait avoir, celui qui cherche la pureté du cœur ou de l’action se rend ridicule, celui qui a le désir de paix est souvent mis à l’écart, celui qui a faim et soif de justice n'a pas toujours le dernier mot. On pourrait continuer. Il est vrai que quand la richesse devient la référence ultime du bonheur, le mensonge un moyen d'exercer le pouvoir et que la violence est parfois un mode d'expression, la voix des béatitudes nous paraît bien illusoire, en tout cas bien fragile.
    Pourtant, et plus que jamais, le cœur de l'homme ne peut se satisfaire du bonheur terrestre et égoïste, il aspire à plus grand, à plus profond.

    Le message de la Bible se résume déjà dans l’Ancien Testament par cette béatitude qui ouvre le chemin : « Heureux l'homme qui se plaît dans la Loi de Dieu ». (Ps 1) Pour le croyant, le bonheur est d'abord la conséquence de son attachement à Dieu. C'est ce que signifie cette première béatitude si fondamentale. L’attachement à Dieu qui est fruit de l'Esprit, Jésus est venu le rappeler non seulement par son enseignement, mais aussi en le vivant au milieu de nous, tel le grand frère qui ouvre la voie.
    Ste Thérèse de l'Enfant Jésus découvrant lors d’un pèlerinage à Rome l’ascenseur, « cet instrument merveilleux », disait qu’il lui rappelait la vie spirituelle et que, pour gravir la montagne des Béatitudes, il n’y avait pas à vouloir se baser sur ses propres efforts, mais simplement à entrer dans l’ascenseur que sont les bras de Jésus qui nous élèvent !

    La tradition catholique et plus largement chrétienne, a fait de la pauvreté de cœur un conseil évangélique : le –conseil évangélique – est un trait central de la personne et de la vie du Christ que le disciple est appelé à vivre. Les trois conseils évangéliques que nous connaissons sont ceux de la pauvreté, de la chasteté et de l’obéissance.
    La béatitude de la pauvreté présente une dimension très concrète et une dimension intérieure, spirituelle. Dans Saint Luc, nous trouvons la béatitude dans sa forme très directe et concrète : l’évangéliste parle des pauvres en opposition aux riches, de ceux qui pleurent en opposition à ceux qui rient. Saint Matthieu approfondit et élargit le message : les béatitudes désignent des personnes vivant certes des situations très concrètes, mais aussi toute personne dans son expérience humaine et spirituelle. Ainsi les pauvres désignent à la fois ceux qui manquent du nécessaire, mais aussi chacun d’entre nous dans son expérience de vie et sa quête de bonheur.

    La pauvreté a une résonance toute particulière puisqu'elle fait partie des vœux que prononce chaque personne consacrée, mais tout baptisé est appelé à prendre ce chemin de la pauvreté.
    Il est, en effet, consacré au Christ et ainsi appelé à lui ressembler en toute chose ; les religieux, les personnes consacrées sont les éveilleurs, les entraîneurs sur ce chemin.
    L'appel à vivre la pauvreté est d’ailleurs celui que le Christ adresse au jeune homme riche l’invitant, après lui avoir rappelé les commandements de Dieu, à un pas de plus : « Va, vends tout ce que tu as, donne le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel, puis viens et suis moi ».
    Ainsi, le conseil évangélique de la pauvreté, comme les autres, vient comme accomplir les commandements de Dieu. Si ces derniers nous permettent d’écarter ce qui ne va pas et de fortifier notre vie de charité, le conseil évangélique, ce pas de plus, vient nous aider à entrer de manière plus radicale dans la consécration au Christ pauvre et, comme le dit le concile Vatican II, ce conseil est moteur de notre vie de sainteté.

    Quelle est cette pauvreté évoquée par la première béatitude ?
    Dans la tradition biblique, deux aspects de la pauvreté sont donnés, l'aspect matériel et l'aspect spirituel. Il est des passages de l'Ancien Testament qui parlent de la pauvreté matérielle comme d’une conséquence du péché, de la paresse, du désordre : « Les indolents manquent de ressources, les audacieux obtiennent la richesse » (Proverbes 11). Mais les prophètes rappellent aussi qu'il existe des pauvres qui sont victimes de la cupidité et du mal. Amos est l’un de ceux qui défend les pauvres et s'engage pour que la justice sociale soit instaurée dans son peuple, au nom de Dieu. Peu à peu, les prophètes vont annoncer un Messie qui sera au côté des pauvres et qui rappellera la fraternité entre les hommes.
    Ainsi, la pauvreté spirituelle va être mise en valeur ; elle est l’attitude de celui qui attend tout de Dieu et qui attend de Lui son salut, tel le roi David devenu dans la tradition biblique un exemple de pauvreté intérieure à cause de son repentir, à cause de ses détresses. : « Tends l'oreille Seigneur, réponds moi, pauvre et malheureux que je suis, garde mon âme car je suis ton ami, sauve ton serviteur qui se fie en toi. » (ps 86).
    Jésus lui-même, dans la béatitude : « Heureux les pauvres de cœur », se présente comme « le Messie des pauvres » et comme « le Messie pauvre » : celui qui, sur la Croix, sera bien le dernier parmi les derniers.
    Lors de sa première manifestation publique dans la synagogue de Nazareth, Jésus, Messie des pauvres désigne sa propre mission en lisant le passage d'Isaie : « l'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m’a consacré par l'onction, Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. » (Lc 4). Jésus non seulement s'adresse aux pauvres, mais il béatifie, et ceux qui sont dans une situation matérielle précaire : « Heureux vous les pauvres, le Royaume de Dieu est à vous. » (Lc 6), et ceux qui sont pauvres de cœur : « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux. » (Mt 5). Les deux aspects de la pauvreté sont dans la pensée et l’enseignement de Jésus, et ils se complètent.
    Si le Christ béatifie les pauvres qui le sont matériellement, ce n'est jamais pour les enfermer dans cette situation. Simplement, il signifie que son message ne s'adresse pas à une élite, mais à toutes les catégories sociales. Son message est bien universel.
    Si les pauvres sont capables d'accueillir le message du Christ, cela manifeste bien qu'il peut s'adresser à tout homme. Ce message n’est pas un savoir, mais une manifestation de la douceur de Dieu pour tout homme qui est, par lui, établi comme un invité et un compagnon privilégié du festin du Royaume.
    C'est un élément important que j'ai un jour découvert en entendant un prédicateur disant que, dans la pensée du Christ, il n'y a pas d’abord une invitation à une révolution sociale, mais une volonté première de manifester, par sa proximité avec les pauvres, l'universalité du Salut. Et nous aussi, si nous faisons place au pauvre, nous faisons place à tout un chacun.
    Ainsi, la Bonne nouvelle est annoncée à ceux qui sont démunis et aux pauvres de cœur, les uns et les autres étant appelés à être les héritiers du Royaume.

    Jésus est le -Messie pauvre- de sa naissance jusqu’à sa mort et, dans cette expérience de la pauvreté, Marie est là, pas à pas, à ses côtés.
    A Bethléem, « Marie mit au monde son fils premier né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie. » (Lc,2).
    Nazareth, nous le savons, le lieu où Jésus a grandi, est considéré comme une petite bourgade sujette au mépris « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? ». Il n'y a pas là de leçon morale à tirer, mais une invitation à contempler la réalisation déroutante du plan de Dieu qui vient par la petite porte, la porte de l'Amour. Jusqu'à la Croix, Jésus connaît l'abandon des siens, le dénuement extrême. Déjà lors de l'arrestation : « L'abandonnant, tous s'enfuirent », et sur la Croix, même ceux qui étaient crucifiés l'outrageaient, puis « ils le crucifient et se partagent ses vêtements. » (Mc 15, 20 à 24).

    Jésus est le -Messie pauvre-, vivant et enseignant la pauvreté du cœur : toute sa personne n'a qu’une chose à nous apporter : le lien à Dieu, la révélation que Dieu est à nos côtés, que Dieu n'est pas simplement celui qui nous a créés, Il est celui qui est à nos côtés, Il est, à travers Jésus le Bon Pasteur, le Berger de nos vies.
    Le pape Benoît XVI, qui a fait un très beau commentaire de l’Evangile, (en français et en trois volumes : « du ministère public » ; « de la passion et de la résurrection » ; « de l'enfance de Jésus »), dit bien que, dans la bouche de Jésus, annoncer le Royaume de Dieu, c'est premièrement parler de ce Dieu Vivant qui est en mesure d'agir concrètement dans la monde et dans l'histoire. Tout l’enseignement du Christ dit –Dieu-, ce Dieu qui nous aime, ce Dieu tout autre et qui se fait tout nôtre par Marie. Toute sa personne renvoie à Dieu son Père, ainsi pourra-t-il dire la veille de sa mort : « Celui qui m'a vu a vu le Père ».

    Il y a, aujourd'hui, à se poser la question d'une vie plus humble, d'une vie non pas austère mais au moins vécue avec une certaine austérité, avec une certaine simplicité ; plus que jamais, nous avons aussi à apporter notre pierre dans la recherche d'un monde où les ressources naturelles sont mieux partagées. Pour cela, Il n'y a pas d’autres chemins que cette révolution intérieure, que cette pauvreté de cœur qu’est le détachement. Malheureusement, notre société de consommation ne manque pas d'imagination pour vendre à tout prix quand, par exemple, au début de certaines périodes de soldes, on ouvre les magasins à minuit sonnante dans certaines grandes villes ! Il y a certainement une révolution du cœur à faire pour s'ouvrir à une forme de pauvreté matérielle, non pas pour s’enfermer dans l’égoïsme ou la tristesse, mais pour trouver un moyen de vivre l’ouverture à l'autre et l'ouverture à Dieu.
    L’une des missions de l'Eglise, à côté de la liturgie et de l'annonce de la Parole de Dieu, est la diaconie. Nous avons au milieu de nous des diacres qui nous rappellent que l’important est de retrousser ses manches et de faire en sorte que les plus pauvres puissent accéder à la dignité.

    Le conseil évangélique qu’est la « pauvreté de cœur » n’a qu’une chose à nous apporter, à nous révéler : notre lien avec Dieu qui agit concrètement dans le monde. C’est par le détachement que nous nous attachons à Dieu, ce Dieu proche qui nous invite à la simplicité du partage et à entrer dans la confiance filiale qui est disponibilité à vivre notre vocation personnelle, celle qui nous est donnée au moment du baptême. Par le baptême nous sommes devenus enfants de Dieu appelés à mieux vivre nos vocations respectives de baptisés, de personnes consacrées, de parents, de célibataires, de diacres, de prêtres, d’évêques… C'est cela notre richesse !

    Saint Jean Baptiste est un très beau visage de l’avancée dans la pauvreté intérieure qui mène à l’accomplissement de toute vocation ! Regardons-le au chapitre 3, puis au chapitre 11 de l’évangile de Matthieu. Avant et au moment du baptême de Jésus, Jean attire les foules, il a du succès ! Sa connaissance solide, son intelligence humaine des Ecritures s’entend dans la terminologie juste et riche qu’il utilise pour faire connaître et reconnaitre celui qui reçoit de lui le baptême, Jésus, le Messie ! Jean- Baptiste est à ce moment celui qui possède l’intelligence, l’homo faber !
    Il a confiance en lui et en son message qui devient même une idée fixe, une idéologie.
    Et voici que l’homme d’autorité, l’idéologue qu’il était, est incarcéré. Dans sa prison, Jean- Baptiste vit l’expérience profonde de la remise en question de cette confiance en lui, la mise à l’épreuve du contenu de son message annonçant la venue et la présence d’un Messie dont il est étonné par l’humilité des oeuvres. Alors, il envoie ses disciples en délégation pour demander directement à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? ». Le Seigneur, avec pédagogie et respect, lui répond en rappelant les paroles du prophète : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ». Ainsi Jésus aide Jean- Baptiste à avancer sur le chemin de la conversion, à entrer dans la pauvreté du cœur ; alors sa mission de précurseur s’accomplit. Et Jean- Baptiste sera le premier martyr de la foi chrétienne.

    Autre figure de la Pauvreté du Cœur, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes oeuvres. Toutes nos justices ont des taches à vos yeux. Je veux donc me revêtir de votre propre Justice et recevoir de votre Amour la possession éternelle de Vous-même. Je ne veux point d'autre Trône et d'autre Couronne que Vous, ô mon Bien-Aimé ! ».

    Et merci encore à Notre Dame de cette annonce : « Je suis la servante de Dieu » ; par cette parole, elle nous apprend que la pauvreté du cœur, c’est en premier lieu d’être -de Dieu- !
    Tout est dit dans cette définition que la Vierge nous donne : « les pauvres de cœur, ce sont ceux qui ont appris à être tout à Dieu ! »

    Extraits de la prédication de Mgr Vincent Dollmann, Archevêque de Cambrai
    Neuvaine de Notre Dame du Saint Cordon, le 10/9/2018
    (Relecture de Edith Godin)

  2. « Pauvres de cœur ? Cela m’interpelle personnellement. Quand on a tout perdu, son foyer, puis ses enfants… je repense à cette misère qui vous plonge dans un trou si profond… A qui se rattacher ? La honte vous tenaille injustement parce qu’on croit la « mériter ».
    Alors, je rentrais dans une église et j’y trouvais le réconfort. ce réconfort qui s’appelle Marie, notre Maman du Ciel ». (Ange)

  3. -Heureux ceux qui reconnaissent leur pauvreté spirituelle, car le Royaume des Cieux leur appartient-:

    – « Par cette béatitude, Dieu nous appelle à faire du bien ; Dieu nous jugera sur ce que nous avons fait de bien. Il nous appelle à être témoin, à avoir la foi, à donner espoir, à être fidèle à l’annonce de ses promesses, à espérer en ses promesses.
    Dieu ne nous abandonne pas; il nous pardonne ; Dieu nous appelle à être fils de Dieu.  »

    – « Il y a la pauvreté négative : être seul sans famille,
    Il y a la pauvreté positive : se contenter de ce que l’on a.  »

    – « Il faut du temps pour comprendre et apprendre ; il y a dans le temps la notion d’attendre ; la patience fait partie du temps ; celui de prendre le temps pour faire un travail sur soi, pour comprendre, pour apprendre à sortir de sa bulle, à voir autour de soi.
    Comment donner de l’amour quand on a été abandonné ? Il n’y a pas de repère quand on est séparé de ses parents ; on est livré à soi- même, sans repère, ni loi, ni foi. »

    – « Etre en maison d’arrêt, c’est le désert : le néant, le soleil, la sécheresse, l’ennui, la mort, la solitude, le manque de vie ; on est séparé de tout.
    Avec cette béatitude, là on peut se remettre en question : qu’est-ce que je fais là ? Il faut être lucide pour affronter la vie. On n’est pas chrétien, on le devient.
    Dans ce lieu de prison, on est comme dans le désert. Le mal donne le mal. J’ai réussi à les faire décrocher aux cachets (somnifères) qui sont faits pour oublier et passer le temps. »

    – « Reconnaître sa pauvreté, c’est accepter la gratuité de Dieu dans le don ; et c’est vivre sa propre expérience du don de la gratuité (le bénévolat) ».

    – « Etre solidaire, c’est ce qui aide à grandir. En prison la solidarité est vraiment présente ; nous sommes tous au même niveau et cette solidarité entre détenus nous soude dans les moments difficiles ; elle est même, nous croyons, plus forte que dehors.
    La transmission est une chose qui nous est donnée de pratiquer : d’où la question de notre passage sur terre ? La solidarité, le respect, l’acceptation et l’humilité sont des valeurs à acquérir. Pour être accueillant, il faut savoir se faire petit, être à l’écoute.
    Dieu est toujours présent à ceux qui acceptent de se laisser toucher en toute liberté. c’est le mystère de ce Dieu qui s’occupent de nous – les petits- et qui sommes dans la – faute-.
    Nous, en prison, nous n’avons plus rien, et, malgré cela, on nous dit que Dieu nous aime ! »

    – « Dans ce lieu d’enfermement, nous rencontrons l’Homme nu. A travers ces hommes et ces femmes les plus pauvres les plus vulnérables, les plus démunis et humbles, se révèle -l’humain-.
    Dans cette Béatitude, on parle de l’amour des pauvres et non de l’amour de la pauvreté.

    – « Dieu est créateur et nous ne sommes rien sans lui ; reconnaître, accepter qu’il est plus grand que nous, nous demande d’être humble. Cette humilité vraie n’est pas triste ; elle nous donne de l’espoir. »

    (Réflexions d’hommes… à la maison d’arrêt de Valenciennes)

  4. « Heureux ceux qui reconnaissent leur pauvreté spirituelle, car le royaume des Cieux leur appartient. »

    Nous sommes tous spirituellement pauvres, car jamais nous n’arriverons à tout connaître, à tout savoir, à tout faire, selon ce que Notre Seigneur nous demande, nous dit, nous enseigne. A chaque fois que nous prenons notre bible, nous découvrons et nous comprenons de nouvelles choses.
    Cela doit être comme cela, car nous sommes tous des enfants de Dieu, et en tant qu’enfant, nous avons toujours à apprendre. Etre heureux de reconnaître cette pauvreté nous incite à toujours et encore nous abreuver de ses paroles, rester dans sa présence. Il serait dangereux pour tout enfant de Dieu de se croire riche spirituellement car il irait droit à sa perdition, pensant n’avoir plus rien à apprendre de Dieu et se reposant alors uniquement sur sa propre sagesse. (Caroline, Maison d’arrêt de Valenciennes)

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