HEUREUX les doux

Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage

HEUREUX LES DOUX,  car ils recevront la terre en héritage

Une chose qu’au Seigneur je demande,

la chose que je cherche,

c’est d’habiter la maison du Seigneur

de savourer la douceur du Seigneur (Ps 26/4)

HEUREUX LES DOUX

Dans la bible « doux » n’a pas le sens passif de soumis,  mais la douceur est  la démarche active d’une personne qui agit avec respect, courtoisie et  clémence envers les autres

La douceur qui est celle des  Béatitudes  n’est jamais une fuite, elle est  une manière de vivre selon la tendresse de Dieu, faite de discrétion et d’attention à chaque personne et du temps qu’il lui faut pour avancer.

La douceur trouve son modèle parfait dans la personne de Jésus, « doux et humble de cœur » : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos de vos âmes ». (Mt 11/28-29).

L’expression la plus forte et la plus claire de la douceur est la Croix !  En Jésus qui accepte en silence d’être à la merci des hommes, Dieu assume notre violence et nous sauve.

C’est dans sa passion que Jésus donne la plus grand preuve de cette douceur, aucun mouvement de colère, aucune menace (1 P 2, 23). Jésus fait de la douceur et de la non-violence un signe de vraie grandeur. Il s’abaisse pour servir et élever les autres.

Heureux qui comme le Christ oppose la douceur à la violence, la patience à la colère, la bonté à la brutalité.

Oui, la douceur est un don que Dieu a mis dans le cœur de l’homme. Elle est un « fruit de l’Esprit Saint », lui qui nous invite à vivre selon le doux commandement du Christ de nous aimer et de prendre soin les uns des autres !

doux

C’est pourquoi  ce sont aux « doux »  qu’il est  fait  promesse de recevoir LA TERRE EN HÉRITAGE !

Le royaume de Dieu nous est donné déjà sur cette terre ! Tout en étant exposés à  bien des difficultés, tout en étant environnés par de nombreux dangers,  les doux se savent vivre aujourd’hui sous la protection de Dieu et, déjà, sont-ils heureux d’avoir part à l’accomplissement de sa douce volonté d’amour « sur la terre comme au ciel » !

« Les doux posséderont la terre et jouiront d’une abondante paix » Ps 36/ 1

 

Invitation à la contemplation :

« Voici que ton roi vient à toi plein de douceur ! » (Zacharie)

Je te regarde et je t’écoute Jésus, le Fils de Dieu, visage de la douceur, Toi qui nous dis :

« Je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent comme le Père me connait et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis » (Jn 10/14-15)

« Laissez- venir à moi les petits enfants car le royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent »   Et il les bénissait en leur imposant les mains (Mc 10/ 14 et 16)

« Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » (Mt 25/40)

 « Mon commandement le voici : aimez- vous les uns, les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis »   (Jean 15/12-13).

Toi qui dis à ton Père : « Père, pardonne- leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »  (Lc 23/ 24)

Toi qui, dans ta tendresse, pries le Père pour nous et nous donnes l’Esprit,

Seigneur, je te contemple, toi qui es doux et humble de cœur et je te demande de rendre  mon cœur semblable au tien. Pose ta main sur moi, ton enfant, et donne- moi ta bénédiction !

Que ta douceur, Seigneur, soit sur nous ! (Ps 90,17)

 

Et je me tourne vers Marie, mère de Dieu,  Notre Dame de toute tendresse !

« Je te salue O clémente, O pieuse, O douce Vierge Marie »

Toi qui es la douceur qui enfante la douceur,

Toi qui adhères totalement à l’œuvre de Jésus, ton fils, le sauveur,

Toi qui pries pour nous pauvres pécheurs,

« Sainte Marie, Mère de Dieu, garde- moi un cœur d’enfant, pur et transparent comme une source. Donne-moi un cœur simple, qui ne savoure pas les tristesses, un cœur compatissant, un cœur fidèle et généreux, qui n’oublie aucun bien et ne tient rancune d’aucun mal. Donne-moi un cœur doux et humble, aimant sans demander de retour, un cœur qu’aucune ingratitude ne ferme, qu’aucune indifférence ne lasse, un cœur pour rendre gloire à Jésus-Christ, un cœur blessé de ton amour et dont la souffrance ne s’apaisera qu’au ciel. »     (Prière de Léonce de Grandmaison)                                                                                                                                                                                                                 

« Aux doux, la douce Marie ne refusera jamais rien ! » (St Bonaventure)

3 réponses sur “HEUREUX les doux”

  1. « Qui sont les doux ? Comme pour toutes les béatitudes, c’est à la lumière du Christ, lui qui est le vrai pauvre, lui qui est douceur, lui qui a pleuré, lui qui a été artisan de Paix, lui qui a été persécuté, que nous trouvons la réponse ! Notre première source d’inspiration est l’Ecriture, la Parole de Dieu dans l’Ancien Testament et dans les Evangiles ; et cette source se prolonge dans la vie des saints qui est histoire de l’humanité, histoire de l’Eglise et elle se prolonge aujourd'hui dans nos vies éclairées par l'Esprit Saint.
    Les doux et humbles sont l’avenir de notre terre ! Alors oui, qui sont-ils et quelle est aussi cette promesse d’un héritage qui est tout autant une réalité matérielle qu’une réalité spirituelle ? Comment se fait-il que des jeunes acceptant de donner un peu de leur temps pour entrer en relation avec ceux qui sont malades ou dans une situation de pauvreté, disent recevoir beaucoup et découvrent à ce point la joie intérieure ?

    La béatitude de la douceur renforce encore la première « Heureux les pauvres de cœur ». Elle est déjà annoncée dans le psaume 36, 11 : « Les doux posséderont la terre ». L'Ecriture dit que les violents viennent et repartent, et que les doux, eux, construisent dans la durée. Ils sont à l’image de Dieu qui ne gouverne pas en écrasant, mais en aimant humblement.

    Le fils de Dieu lui-même est entré à Jérusalem sur un âne ! "Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole de Dieu prononcée par le prophète : dites à la fille de Sion : voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur,monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d'une bête de somme". (Mt 31, 4 et 5).
    Jésus est un roi (il n’a pas récusé ce titre) doux et humble. Sa royauté n’est ni politique ni militaire, mais elle est sans limite parce qu’elle révèle la puissance de l’Amour. Celui d'un Sauveur qui vient vers nous pour que nous entrions dans le Royaume de Dieu. Alors que les hommes le condamnent, c'est lui qui exerce le jugement et qui les sauve. Cet Amour conduit Jésus jusqu’à la mort sur la Croix : là se révèlent la vraie puissance et la fécondité de la royauté divine.
    Jésus est –Roi- quand il se penche avec douceur vers Marie et Jean et qu'il fonde, à ce moment, l’Eglise. Jésus est – Roi- quand il dit au malfaiteur qui se repent : " je te le dis, ce soir, tu seras avec moi dans le paradis". (Lc 23, 43)
    Sur la Croix se réalise sa parole : « Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » De sa mort a jailli la vie, une Vie que nul ne peut ravir, et c’est tout le paradoxe de la Douceur !

    La douceur n’est ni faiblesse, ni démission : il ne s’agit pas de « heureux les mous », mais bien de « heureux les doux », ceux qui sont capables de donner leur vie par amour !
    Issue du dialogue trinitaire : « Faisons l’homme à notre image », la béatitude de la douceur est celle de la relation à Dieu et à l’autre en vérité et en charité : être doux, c’est laisser l’autre, Dieu et le prochain, se révéler à nous, le et les faire compagnons de notre route : être doux, c'est vivre du coeur de Dieu

    Une belle illustration de l’éducation à la douceur est celle de la relation entre la Vierge Marie et sainte Bernadette : « Elle m’a parlé comme à une personne…, les yeux dans les yeux… ». La Vierge Marie a pris la taille de Bernadette pour l'éduquer : c'est ainsi que cette dernière a pu se charger de la grande révélation qu'est l’Immaculée Conception avec autorité et avec humilité : « je suis chargée de vous le dire et non de vous le faire croire » !
    A Bernadette, Marie a promis d’être heureuse non pas dans ce monde mais dans l’autre ; cela peut signifier aussi que le bonheur nous est donné à vivre déjà dans ce monde, mais "à la manière" dont il est vécu dans le Royaume de Dieu.

    " Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage"
    Quelle est cette promesse d'héritage liée à la douceur ? Les promesses qui sont en chaque béatitude sont toutes à regarder dans la grande perspective de l’horizon de la vie en Dieu et du bonheur éternel. Oui, ne l’oublions pas, Dieu désire le bonheur de l’humanité, Dieu désire que chacun soit bien heureux.
    Dans l’Ancien Testament, le bonheur est pour Abraham la descendance promise (Gen, 12) ; pour Moïse, la libération de l’esclavage et l’annonce de la terre promise ; pour les prophètes, l'annonce du retour après l’exil et les persécutions ; pour le coeur des croyants, le bonheur est action de grâce, telle qu'elle est chantée dans les psaumes, à l’égard du Créateur.
    Pourtant, il y aussi dans l’histoire sainte et dans les psaumes cette question qui amène à une réflexion profonde : celle du bonheur des méchants et du malheur du juste… Ce grand mystère de l'épreuve pour le juste peut être occasion de découverte, mais aussi occasion de chuter ! En tout cas, la question demande une profonde réflexion ne pouvant se traiter sans lien avec la douceur de Dieu qui permet d’approfondir le sens du bonheur bien au-delà du seul bonheur terrestre. La douceur nous invite à prier et à trouver réponse dans le psaume 73 (Longtemps, j’ai cherché à :savoir) : « Un rien et je perdais pied, un peu plus, et je faisais un faux pas, car j’étais jaloux des superbes, je voyais le succès des impies… Moi je ne savais pas, mais j’étais avec toi, je suis toujours avec toi qui as saisi ma main droite. Tu me conduis selon tes desseins ; puis tu me prends dans la gloire ».
    Notre espérance est dans la douce fidélité de Dieu.

    Dans le Nouveau Testament, la mort et la résurrection du Christ confirment la promesse du bonheur en Dieu. La fin de l’évangile de Saint Luc (24,52) est ainsi pleine de joie : après l’ascension, « ils retournèrent à Jérusalem en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu ».
    Le ciel s’est ouvert, le ciel et la terre se sont rejoints ! Une terre travaillée par la douceur de Dieu et des hommes. Le « fruit du travail des hommes», le Christ le prend pour nous l’offrir transfiguré, sanctifié, purifié, à chaque eucharistie où nous disons : "Tu es béni, Dieu de l'univers, et toute la création proclame ta louange, car c'est toi qui donnes la vie, c'est toi qui sanctifies toutes choses, par ton Fils Jésus Christ, notre Seigneur, avec la puissance du Saint Esprit ; et tu ne cesses de rassembler ton peuple afin qu'il te présente, partout dans le monde, une offrande pure".
    Ainsi dans le don de la terre, nous avons notre part de responsabilité et d'engagement, et ce jusqu’à ce que nous habitions cette Cité qu’est la Jérusalem Nouvelle, la Jérusalem Céleste (Apocalypse 21,22).

    Désirer la douceur, désirer la douceur de la consolation, ne nous coupe d’aucun de nos engagements terrestres, bien au contraire, ni n’est résignation ! La douceur comble une vie !
    Dans un monde qui veut cacher la souffrance, de merveilleux témoignages sont donnés par des personnes de tout âge et souvent par des jeunes. Soeur Bernadette Moriau nous disait ici combien l'épreuve de la maladie et la guérison lui avaient donné un éclairage nouveau sur la vie. Un autre exemple de douce lumière nous est donné par Chiara Luce Badano : en cette jeune qui aimait la natation, le ski, la musique et être avec ses amis, Dieu a toujours été présent. À dix-sept ans, durant une partie de tennis, une douleur à l’épaule la conduit à la découverte d’une très grave tumeur. « Pour toi Jésus. Si tu le veux, je le veux moi aussi !» dira Chiara. Les soins sont douloureux, mais elle ne manque pas les occasions pour aimer. «Au début, nous avions l’impression d’aller la trouver pour la soutenir – raconte un de ses amis – mais rapidement, nous nous rendons compte qu’en pénétrant dans sa chambre nous nous sentons projetés dans la splendide aventure de l’amour de Dieu. Simplement, elle aime». Le 7 octobre 1990, c’est le départ : « Maman, sois heureuse, car moi, je le suis!» À l’enterrement, une immense foule participe et, comme elle l’avait demandé, Chiara est enterrée vêtue en blanc, « comme une épouse qui va vers Jésus. »

    L’Histoire Sainte est emplie de ces lumières, promesses de bonheur ! L’avenir a le nom et le visage du Christ ! C’est la douceur de Dieu qui rend notre terre féconde. C’est pourquoi nous pouvons sans cesse le louer : « Gloire à toi qui est vivant" et le prier "viens Seigneur Jésus", ou en araméen « Maranatha » !

    Extraits de la prédication de Mgr Vincent Dollmann, archevêque de Cambrai,
    Neuvaine de Notre Dame du Saint Cordon, le 11/9/2018.
    (d'après la relecture de Edith Godin)

  2. « Amour, ferveur et tradition, ce sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit pour qualifier la belle procession du célèbre tour de notre Dame du st Cordon, servie fidèlement par la confrérie des Royés, remerciant la vierge Marie qui a épargné Valenciennes des ravages de la peste voici 1010 ans.

    J’ai vécu la ferveur des fidèles, j’ai croisé des mines de remerciements et écouté des chants de reconnaissance, j’ai ressenti cet amour millénaire, qui vit en eux sans oubli ni lassitude. Difficile de ne pas me sentir concerné, impossible de ne pas être en totale communion avec cette foule immense qui rend grâce à la Sainte Vierge, source de bonté et de lumière divine.

    Je l’ai remerciée à mon tour, j’ai prié pour que notre belle petite ville soit toujours bénie et protégée, j’ai prié pour nous tous : chrétiens, musulmans, juifs, athés, riches et pauvres, j’ai prié pour celles et ceux qui souffrent de la maladie, qui ont perdu un être cher, qui ont un travail et surtout pour celles et ceux qui en cherchent, j’ai prié pour nos maisons, nos rues et nos quartiers, j’ai prié pour toutes les personnes isolée et/ou dans le besoin, celles chassées par la guerre, privées d’amour et/ou de toit.

    J’ai prié pour nos enfants comme pour nos personnes âgées, j’ai prié enfin pour la Paix dans le monde, la fin des guerres et de la violence, pour que l’on soit toujours capable de vivre ensemble en partageant une volonté forte de combattre la peste de nos temps modernes, sous toutes ses formes, avec la concorde, la bienveillance, la solidarité et cet amour qui a entouré ses remparts pour protéger notre cité.

    Oui, je me suis senti concerné et j’ai été rassuré car l’espoir est toujours là vivant au fond de nous tous, il guide nos pas, il chasse nos doutes et désarrois, son nom est Amour et son image est une lumière intense, celle que j’ai croisée ce matin et qu’a si bien rappelé Pierre-Claude-Victor Boiste : « La vérité frappe l’esprit comme un trait de lumière ». Merci notre Dame de saint Cordon !! » (Mohammad).

  3. « Cette Béatitude  » Heureux les doux », cela m’invite à donner le meilleure de moi -même »,

    « Cette béatitude me fait comprendre l’importance de la douceur »,

    « Heureux les doux, c’est être à l’image de Jésus, et du coup se caler sur cette image »,

     » Pour moi – Heureux les doux- , çà veut dire, surtout dans le contexte actuel, s’amener à une certaine maîtrise ; c’est avoir la capacité de comprendre au dessus ; c’est respirer avant de s’exprimer… ce qui nous manque un peu encore et on en a un vrai besoin. Bienheureux, cela se traduit par « En avant » : Oui, « En Avant vraiment les doux » !

    « Travaillant dans le domaine de l’environnement, je ne peux que constater comment l’homme tente de posséder la terre. Sa manière est dénuée de douceur, et les multiples agressions dont il fait preuve à l’égard de la nature n’engendrent que des réponses violentes en retour. Il n’y a qu’à voir comment la terre se rebiffe .
    La terre n’est pas douce non plus. Selon sa loi, elle sélectionne les espèces les plus fortes et fait disparaître les autres. Dans ce jeu de l’évolution, l’homme a bien compris comment dominer. Certes Dieu lui a confié la terre afin qu’il l’assujettisse, mais quelle mauvaise gestion il en fait ensuite ! La possession dénuée de raison est vouée à la perte du bien. Dans notre relation à la terre, instaurons la douceur. Laissons le temps à la vivante diversité d’évoluer sans l’étouffer. Si la douceur devient notre nature profonde, peut-être que la terre tendra l’autre joue.
    Rappelons nous enfin que l’on possède la terre pour un temps seulement. Ne soyons donc pas égoïstes de partages entre êtres de différentes conditions et à travers les générations. Gardons -en une part pour les autres ». (Johann)

    « Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage : cela me fait penser à la Croix. Le sens vertical représente la prière qui nous unit au Père. Le sens horizontal nous relie à nos frères et sœurs pour partager la douceur de la prière et la lecture de la parole, pour gouter dès aujourd’hui à l’éternité ».

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