HEUREUX les artisans de paix

Heureux les artisans de Paix, car ils seront appelés Fils de Dieu
Heureux les artisans de Paix, car ils seront appelés Fils de Dieu

HEUREUX  LES ARTISANS DE PAIX

    car ils seront appelés fils de Dieu

                   « Acquiers la paix intérieure,

                                           et une multitude trouvera le salut auprès de toi. »  (St Seraphim)

 

 » Accueillir Sa Paix  » est  la  prière que nous adresse le Seigneur dans la septième béatitude,  pour que le chemin de pacification intérieure, déjà  commencé dans  les six premières, trouve son accomplissement : « Je vous ai dit toutes ces choses pour que ayez la paix en moi. » Jn 16

              » Recevoir Sa Paix «  est ce que nous, ses enfants, demandons à Dieu, dans la prière pour ne pas donner prise à la violence, aux attitudes partisanes, au mal, aux forces de dissociation, mais pour retrouver le sens de la gratuité, de l’émerveillement, la force de l’amour qui ne laisse pas plus longtemps encore les ténèbres nous parler

             » Donner et diffuser Sa Paix  » est « notre unique obligation morale : elle est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette  paix irradie vers les autres :

Plus il y a de paix dans les êtres, plus il y en aura dans ce monde en ébullition. » (E. Hillesum)

«  Etre artisan de paix » c’est donc ouvrir son esprit et son cœur, c’est  accepter de supporter le conflit, de le résoudre et de le transformer en un maillon d’un nouveau processus et d’une nouvelle hospitalité pratiquée comme le « sacrement du frère ».

« Etre artisan de paix », c’est savoir que bâtir la paix juste est un art qui exige sérénité, créativité, intelligence, et sens de l’équité. Mais chacune de ces qualités, Dieu, certainement, les dépose en ceux qu’il appelle et qu’il reconnait comme ses fils !

Alors oui, « Heureux celui qui sait se reposer en Dieu »,  heureux celui qui permet à Dieu de se reposer en son cœur » !

Si dans la prière, nous nous laissons pacifier par Dieu, notre Père, si dans l’amitié avec Jésus, le Fils de Dieu, nous grandissons dans la foi, l’espérance et l’amour, si nous nous reposons en l’Esprit  de sagesse et de réconciliation, alors nous serons des « artisans de paix ».

Nous pourrons offrir notre cœur comme un lieu de paix et de repos à ceux que le Seigneur met sur notre route en les accueillant, en les aimant, tels qu’ils sont, avec tendresse.

Nous leur offrirons un peu de cette consolation, de ce repos, de cette paix qui trouve sa source en Dieu, et qu’il est si difficile de rencontrer dans le monde d’aujourd’hui.

C’est un aspect magnifique de notre vocation  humaine et spirituelle :

« Bâtir La Paix juste, est un devoir qui engage toute l’humanité »

(pape François)

Invitation à la contemplation

« La Paix, elle aura ton visage, la Paix, elle aura tous les âges

                              la Paix sera toi, sera moi, sera nous, et la Paix sera chacun de nous. »

                                                            Je te regarde et je t’écoute, Jésus, le Fils de Dieu, dont le visage rayonne de Paix :

  • Toi qui as dit à celle que tu as guéri : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix. »  (lc 8, 48)
  • Toi qui envoies tes disciples leur disant : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : « Paix à cette maison » ;  s’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ». (Lc 10, 3à 6)
  • Toi qui nous dis : « Je vous laisse ma paix,

Heureux les artisans de Paix, car ils seront appelés Fils de Dieu

c’est ma paix que je vous donne » (Jn 14, 17),

  • Toi, le Ressuscité, qui nous redis sans cesse : « La paix soit avec vous ! » (Jn 20, 19)

« Seigneur Jésus, Agneau de Dieu, ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Eglise. Pour que ta volonté s’accomplisse, donne- lui toujours cette paix et conduis- la vers l’unité parfaite, 

Seigneur Jésus, Agneau de Dieu, que là où est l’offense,  la discorde, l’injustice, en ce monde, tu fasses de nous des ouvriers de paix, tu fasses de nous des bâtisseurs d’amour,

Toi qui règnes pour les siècles des siècles. Amen » 

 

Et je me tourne vers Marie, mère de Dieu, Notre Dame, Reine de la Paix

O Marie, pleine de grâce, toi qui es saluée et bénie dans toutes les contrées de la terre, car tu es celle qui désarme la violence et prend soin des cœurs blessés,

O Marie, pleine de grâce, toi qui nous établis dans cette paix profonde entretenue dans le secret de ton cœur, et qui nous demandes : « faites tout ce qu’il vous dira »,

Reine de la paix, prie pour nous !

Mère de miséricorde et d’espérance,

obtiens pour les hommes et les femmes du troisième millénaire

le don précieux de la paix :

paix dans les cœurs et dans les familles,

dans les communautés et entre les peuples ;

paix sur toutes les nations

où l’on continue chaque jour à combattre et à mourir.

Fais que tout être humain de toutes races et de toutes cultures,

rencontre Jésus venu sur la terre pour nous donner « sa »  paix.

Marie, Reine de la paix, donne- nous le Christ, la vraie paix du monde ! 

(Jean Paul II)

6 réponses sur “HEUREUX les artisans de paix”

  1. La parabole du « semeur de Paix »

    Un semeur sortit pour semer la Paix
    . Il ne trouva d’abord aucune terre où déposer la semence, parce que personne ne voulait en perdre la propriété… Alors il regarda en lui-même se demandant s’il donnait place à la nécessité de l’autre ; puis il se remit en Dieu et Le pria de l’aider à agir avec ses frères pour que chacun soit reçu dans ce qu’il a à donner

    Accueillir ce que tout homme a à recevoir et à donner : c’est cela, semer la paix !

    . Puis il s’avança et trouva une terre fracturée par la violence, désolée par la sécheresse des cœurs qui fait verser tant de larmes… Alors il regarda en lui- même sur quoi il pleurait, et s’en remettant à Dieu, il Le pria de l’aider à agir avec ses frères pour que rejaillissent les sources et convergent à nouveau les courants de fraternité

    Préserver la source intarissable qu’est la fraternité : c’est cela, semer la paix !

    . Et voici qu’un peu de terre lui fut donnée en héritage pour y déposer la semence… Alors il s’interrogea en lui-même car il savait que cette terre est précieuse, et s’en remettant à Dieu, il Le pria de l’aider à agir avec ses frères pour l’amender avec respect et douceur parce que c’est en elle que tout germe et prend force

    Manifester gratitude et soin pour les dons de la création : c’est cela, semer la paix !

    . Après avoir préparé les sillons, le semeur y répandit les graines, réfléchissant en lui-même à la juste mesure qui permet un rendement approprié à la demande, et s’en remettant à Dieu pour ce qu’il ne peut prévoir, il Le pria de l’aider à agir avec ses frères pour une gestion ordonnée des priorités

    Assurer l’aujourd’hui sans porter préjudice à demain : c’est cela, semer la paix juste !

    . Tout commençait à lever quand le semeur dut affronter les vents contraires, la météo capricieuse, les contraintes administratives, la concurrence… Il en voulait à Dieu et aux hommes ! Dans sa misère, il regarda autour de lui et vit l’autre éprouvé aussi ; alors il Le pria de l’aider à agir communément pour promouvoir une vraie qualité de vie

    Instaurer une nouvelle relation malgré la gravité de l’offense : c’est cela, semer la paix !

    . Retournant vers son champ, le semeur vit que les tiges grandissaient, mais au milieu d’elles de folles herbes prospéraient aussi… De colère, fallait-il les arracher ? Il pria Dieu de saisir son intelligence, et il se convertit à une autre solution, celle de faire foi en la force qui est en tout être vivant qui consent à se relier à l’essentiel

    Encourager et concilier toutes les volontés de coopération : c’est cela, semer la paix !

    . La moisson approchait pour lui comme pour tous les autres semeurs ; il était temps d’organiser l’entraide afin d’économiser les forces et de planifier le travail de chacun… Il pria Dieu de l’aider à susciter les talents de ses frères dans leur diversité, à les rassembler dans l’amour partagé du métier, et à faire œuvre commune

    Aller chercher les amis de la paix, unir leurs savoir- faire : c’est cela, semer la paix !

    . Avec ses amis, le semeur moissonna. La récolte achevée, ils remirent le tablier de service pour donner à la terre un nouveau souffle, avant d’accueillir les prochaines semences qui permettront de produire en juste quantité et vraie qualité, car tout est lié. Ils prièrent Dieu de les aider à accomplir cette régénération

    Prendre sans cesse la paix dans nos mains, dans nos cœurs et dans notre prière :
    c’est cela, semer la paix juste !

  2. « Qui sont les artisans de paix ?
    Cette question me rappelle le grand rassemblement organisé à Assise par saint Jean Paul II en 1986 où il a invité toutes les religions à venir prier pour la paix et à contribuer, à l’encontre des pensées dominantes, à l’édification d’un monde plus fraternel.
    J’étais alors en coopération à l’île Maurice et le proviseur du lycée public où j’enseignais m’a demandé d’organiser une telle rencontre dans ce territoire où la diversité des religions est grande. J’avais proposé que chaque représentant religieux donne un éclairage sur la paix et cela m’a beaucoup instruit sur l’originalité du message chrétien.
    Pour le pandit, le maître hindou, la paix était le rassemblement de tous les courants religieux en un seul, puisque leur grande figure (Jésus, Mahomet, etc) sont les manifestations de la même divinité ; pour le moine bouddhiste, la paix était le dépassement des soucis et des souffrances terrestres, ce bien de la divinité étant réservé aux privilégiés qui ont choisi le chemin du renoncement et de la méditation ; pour le mollah, le sage musulman, la paix était associée à l’ordre social qui atteint sa perfection dans l’application stricte de la charia.
    Quant au prêtre catholique, il reprit le passage de l’Evangile : « Je suis venu apporter un feu sur la terre… Croyez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.» (Lc 12, 51).
    Ce passage est déroutant et troublant ! L’enseignement de Jésus sur la paix n’est pas, comme dans celui des autres religions, la recherche de la tranquillité ou un art de vivre. La paix est un don de Dieu, un aspect essentiel de son Règne, au prix de la Croix ! C’est ainsi que dans son discours d’adieu, la veille de sa mort, Jésus dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne » (Jn 14, 27).
    Ainsi le Christ pourra dire après sa résurrection : « La Paix soit avec vous ! » (Jn 20, 19)
    Pour nous chrétiens, nous avons à demander la paix : elle est une grâce de Dieu, fruit de la mort et de la résurrection du Christ, donnée pour que nous en devenions les artisans. A chaque eucharistie, le prêtre dit la prière pour la paix et le don de la paix auquel nous sommes invités n’est pas seulement politesse ou marque d’affection, mais il est un geste de transmission de cette paix qui vient de l’autel et se propage dans l’assemblée. La paix que nous accueillons est une vraie communion au corps et au sang du Christ, lui qui est notre paix. Par l’eucharistie, nous sommes établis, en lui, artisans de paix !

    Jésus nous donne deux repères :
    – la paix du Christ est un chemin de vérité :
    La paix est un combat à mener pour que la vérité se fasse dans toutes les situations. Il importe de reconnaître ce que nous sommes et de rappeler dans notre monde que l’humanité n’est rien sans Dieu, son Créateur. Dieu ne veut qu’une chose, le bonheur de l’homme. Et loin de ce que prétendent les courants matérialistes ou athés, Dieu n’est pas le concurrent de l’homme. Il n’écrase pas sa liberté, il en est le garant. Croyants, nous agissons souvent comme si Dieu n’existait pas ! Alors reprenons le psaume 126 : « Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes ». La Paix est vérité sur Dieu et sur l’homme. Elle n’est pas tranquillité, mais combat.
    – La paix du Christ est un chemin de charité :
    elle ne s’impose en rien par la force mais par le respect des personnes. Elle ne vient pas des hommes, seul Dieu peut nous la donner à travers son Fils et ce, dans le respect et la confiance envers Lui et entre nous. Enlevant les obstacles, la paix de Dieu restaure les relations brisées par la violence et l’égoïsme ; elle se reçoit à travers le don de Dieu en Croix : c’est ce qu’exprime Saint Paul dans l’épître aux Colossiens (1, 20 ) « Dieu a jugé bon qu’habite (en son Fils bien-aimé) toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel ».
    Par le baptême, nous devenons ainsi porteurs du Christ et de sa Paix.

    La béatitude « Heureux les artisans de paix » est donc un cheminement et un engagement pour chacun à être artisan, c’est-à-dire « faiseur de paix » !
    Au XXème siècle, les chrétiens se sont engagés dans une longue réflexion, (éloignée des manipulations), sur la justice, le développement et la paix. Elle a permis que l’Eglise ait un enseignement cohérent sur ces sujets, enseignement appelé « Doctrine Sociale de l’Eglise ». Déjà, en 1891, le pape Léon XIII, dans son encyclique Rerum Novarum avait abordé les questions du travail des ouvriers, du droit à la propriété, de l’existence des organisations syndicales et professionnelles ; puis, peu à peu cette Doctrine Sociale s’est développée dans la certitude que la paix est le fruit d’une société respectueuse de la vie et de la personne.
    – Pie XII (nommé pape au début la seconde guerre mondiale) prendra d’ailleurs pour devise : « La paix, fruit de la justice », et enverra d’insistants messages en ce sens,
    – En 1963, Jean XXIII, soucieux de la paix et du « bien commun universel » soit-il économique, social, politique ou culturel, est le premier pape à s’être adressé dans son Encyclique « Pacem in terris » non seulement à l’Eglise, mais aussi à tous les hommes de bonne volonté !
    – En 1967, Paul VI, dans l’encyclique « Populorum Progressio » lie la paix au développement. Le développement intégral de l’homme et le développement solidaire de l’humanité, deviennent les noms de la paix. La même année, Paul VI crée le « Conseil Pontifical Justice et Paix ». Cette institution a permis, dès 1978, la création à travers le monde de nombreuses commissions nationales au service de la justice et de la paix.
    – Dans les années 80, tenant compte de la chute du système marxiste en Europe et de la montée en puissance des systèmes monétaristes et financiers, le pape Jean Paul II publie en 1987, à l’occasion du vingtième anniversaire de Populorum Progressio, l’encyclique « Sollicitudo Rei Socialis », et en 1991, à l’occasion du centième anniversaire de Rerum Novarum, l’encyclique « Centesimus Annus ». Il y explique la différence entre le progrès (multiplication des biens) et le développement qui est au service de « la plénitude de l’être humain » : la paix est le fruit de la solidarité. Il y rappelle aussi que la Doctrine Sociale de l’Eglise se fonde sur la foi dans le don de Dieu qui s’engage à l’égard de l’homme. Le pape invite à regarder Dieu en chaque homme et à regarder chaque homme en Dieu, ce Dieu qui est en relation d’amour avec tout homme, même s’il ne le connaît pas encore. Seule cette reconnaissance de la réciprocité entre Dieu et l’homme garantit un développement humain authentique !
    – En 2009, le pape Benoît XVI dans « Deus Caritas Est » reprend les termes de Paul VI : le développement est fruit de l’ardeur de la charité et de la sagesse de la vérité.
    – Et dernièrement, le pape François, dans l’encyclique « Laudato Si » écrite pour la sauvegarde de la création, se penche sur tous les aspects économiques, environnementaux, sociaux, culturels, de la crise mondiale et plaide pour une écologie intégrale plaçant au centre de sa veille le développement corporel, spirituel, individuel et familial de la personne humaine.
    Par ce résumé sur l’avancée de la Doctrine Sociale de l’Eglise, j’ai souhaité vous en donner le goût ! Ma préoccupation est que les chrétiens y trouvent intérêt et s’en sentent responsables. Un très beau livre, intitulé « le compendium », paru en 2004, est un condensé des points principaux de cet enseignement ecclésial. Ils fondent l’anthropologie chrétienne qu’il est nécessaire de connaître si nous voulons être des acteurs écoutés aujourd’hui dans les débats sur la bioéthique et les enjeux sociaux. Et, après avoir évoqué les grands traits de l’enseignement des papes en faveur de la paix, je veux dire ma reconnaissance et mon action de grâce pour tous les engagements individuels ou communautaires en faveur de la justice et de la paix, et pour l’œuvre d’évangélisation des congrégations apostoliques et caritatives.

    Comme pour chaque béatitude, je terminerai par une page de l’histoire, certes un peu en retrait du partage précédent sur l’enseignement de l’Eglise, mais qui montre combien avec le Christ, la paix est toujours possible envers et contre tout, dans n’importe quelle situation, et même dans les enfers de la violence et de l’incompréhension. En 2015, est paru un livre écrit par Guillaume Zeller intitulé « La baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945 » aux éditions Tallandier. L’auteur y évoque leur internement dans ce camp de concentration où 2700 prêtres et religieux (polonais principalement, autrichiens, français, belges, allemands, tchèques…) ont été enfermés ; 1034 y ont trouvé la mort. Après un procès minutieux, 56 ont été béatifié par Jean Paul II et 5 par Benoît XVI. Beaucoup ont servi de cobayes médicaux, tous ont subi la haine antireligieuse et l’application avilissante de la discipline des camps. Pourtant, ils ont réussi à maintenir, loin de la volonté de préserver sa propre existence, un remarquable esprit communautaire, un rythme soutenu de prière et même une chapelle, la seule autorisée dans tout le système concentrationnaire, où ont été célébrés des offices catholiques et protestants. Il n’y eut parmi eux, portés par cette communauté de charité, aucune défection, aucune abjuration de la foi. Tout au contraire, fut préparée en cachette l’ordination du bienheureux Karl Leisner de la communauté de Schoenstatt. Ce jeune étudiant en théologie, atteint de la tuberculose, avait été arrêté pour avoir exprimé son regret de l’échec d’un attentat contre Hitler et envoyé à Dachau en 1940. Dachau fut son séminaire ! L’arrivée dans ce camp en septembre 44 de Mgr Gabriel Puguet, évêque de Clermont-Ferrand redonna à tous l’espoir de le voir ordonné. Les préparatifs, (comme ceux de l’huile sainte et des ornements…) furent faits dans la clandestinité ; les lettres nécessaires d’autorisation de la part des évêques de Munich et de Munster purent être transmises par une jeune postulante, sœur Imma, qui servit d’agent de liaison ! Et, fin décembre 1944, Karl Leisner fut ordonné. Il mourut le 12 août 45 quelques semaines après la Libération.
    Au chapitre 18 de son livre, Guillaume Zeller reprend en profondeur les « quatre fruits de Dachau » : une expérience de l’Eglise une, catholique et apostolique ; un berceau et un laboratoire de l’œcuménisme ; la dimension missionnaire de l’œcuménisme, et l’exigence du combat pour le respect de la vie et de la personne humaine.

    Cet exemple rappelle que, malgré l’enfer de la guerre, des violences, des tensions de tous ordres, les chrétiens doivent continuer d’espérer dans la paix qui nous vient de Dieu et d’œuvrer pour elle. La paix est chemin de vérité, la paix est chemin de charité : elle nous révèle que nous sommes réellement par notre baptême « Fils de Dieu » et citoyens de son règne de Paix ».
    Extraits de la méditation de Mgr Vincent Dollmann, archevêque de Cambrai
    Neuvaine de Notre Dame du Saint Cordon, le 16/ 09/2018
    (d’après la relecture de Edith Godin)

  3. « Suivre cette route des Béatitudes fut pour moi un chemin initiatique. Une Béatitude génère tant de « bulles différentes », et celles-ci dans toutes les Béatitudes. Peut-être simplement parce que, même si nous sommes très différents, nous avons un même Père.
    Heureux les artisans de paix car ils seront appelés fils de Dieu », c’est cette béatitude que je préfère ! La Paix peut être tant de choses. La Paix n’est pas que l’arrêt de la guerre. la Paix, c’est déjà de respecter les autres, jeunes ou vieux, et de ne pas faire soi-même ce que l’on condamnerait chez les autres.
    Si tu ne comprends pas la langue de ton voisin, parle avec le cœur. Si tu vois de la tristesse chez lui, souries lui (ne dit-on pas que le sourire est désarmant ?)
    N’hésite pas à partager ton repas. Ton estomac pour une fois sera un peu vide d’aliments, mais… empli de bonheur et les yeux de ton frère seront plus lumineux !
    Si tu ne comprends pas la religion de ton frère, respecte la déjà, comme tu aimes toi être respecté. Quelle que soit la tenue vestimentaire de ton voisin que t’importe-t-elle ?
    Ce n’est pas toi qui la porte et puis, elle est mieux que de rester dénudé !
    Ton voisin a une jolie maison, certes ! Nous ne pouvons tous être aisés. Mais la maison la plus accueillante est celle où l’on peut rentrer sans avoir à enlever ses chaussures pour ne pas salir ! N’attachez pas d’importance à la beauté des véhicules : du moment que vous pouvez vous déplacer, que votre véhicule soit rutilant ou cabossé, vous aurez le même résultat !
    La paix, c’est souvent garder en soi ce que l’on a vu, ce que l’on a entendu. Si le mal est fait, il est inutile de le colporter.
    La Paix, c’est pouvoir dire – Bonjour mon Dieu-, j’ai fait quelques bêtises (les lui dire), je te promets d’essayer de ne pas recommencer ; donne-moi la possibilité de tenir ma promesse envers Toi, et de m’y tenir, pour que le lendemain je puisse Te dire – Bonjour mon Dieu-, aujourd’hui j’ai senti ta présence et cela m’a encouragée à faire La Paix ! » (Ghislaine)

  4. « Ce que représente le métier d’artisan commerçant pour nous : L’amour du travail bien fait. Faire du pain, ce n’est pas toujours aussi facile qu’on le pense : de l’eau, de la farine et de la levure ; eh bien non !
    Il faut aussi beaucoup de patience, d’amour, de passion, de courage et un léger soupçon d' »intelligence »; ce sont tous des ingrédients qui donneront du bon pain et qui rendront mes clients heureux quand ils le mangeront ! Et cela est un honneur pour nous.

    Vendre du pain, en ce qui me concerne, ce n’est pas un métier. c’est d’abord de satisfaire mes clients à tout point de vue et pour y arriver il m’a fallu et il m’en faudra encore, du temps.
    Ecouter les clients quand ils ont besoin de se confier ou de parler de leurs soucis( familiaux, santé) fait beaucoup partie de mon travail. Quand ils m’annoncent de bonnes nouvelles aussi, fait partie de mon travail également ; on a le droit de se réjouir de temps en temps.
    Et de les voir sortir de chez nous avec un grand sourire à l’idée de déguster de bonnes choses que nous avons faites de nos mains, c’est vraiment un grand honneur !
    Cela fait 39 ans que j’exerce le métier de commerçante et je ne m’en lasse pas. Rencontrer les personnes de tous milieux, discuter avec elles, les rassurer quand il le faut, les faire sourire, les aider aussi me plaît toujours autant.

    En vertu de tout cela, je pense très fort que le métier d’artisan commerçant, c’est d’abord une vocation à aimer, à aider, et seulement après à vendre.
    Recevoir également de la part des clients de grands mercis et de grands sourires me réconforte et me laisse croire que je ne me suis pas trompée de métier.
    C’est donc en toute humilité que j’affirme :  » je fais le plus beau métier du monde ». Eric et Martine Caffenne

  5. Qu’est- ce pour vous qu’un artisan? « C’est quelqu’un qui crée ou qui transforme avec ses talents pour le bien de l’autre et qui est à l’écoute de l’autre en prenant des nouvelles lorsque le client est souffrant, en allant le livrer »,

    Comment être en paix ? Que faut-il ? « Il faut être tolérant, avoir le respect de l’autre, accepter les différences et avoir beaucoup de bonne volonté… »,

    Que faut-il pour être artisan de paix ? « Etre en paix avec soi- même »,

    Que peut procurer la paix pour vous ? « Etre apaisé, plus disponible et ouvert aux autres »,

    La relation à l’autre est-elle importante ?  » Oui, cela permet d’éviter les non- dits, les rancunes, et surtout garder le contact quelles que soient les circonstances »,

    Que peut signifier pour vous « appelés fils de Dieu ? ou comment être appelé fils de Dieu ?  » -Faire comme je vous ai montré-, suivre la volonté du Père. Nous sommes sous l’arbre qui nous protège et qui nous permet d’accéder au ciel »,

    Comment comprenez-vous ces béatitudes ? « C’est un chemin de vie, un itinéraire avec des balises. Il faut semer, laisser germer et grandir comme Dieu le veut »,

    Qui parle dans les Béatitudes ? « C’est Jésus qui nous montre le chemin à suivre. Il nous aide à comprendre avec des paraboles »,

    Quel est l’appel de ces Béatitudes ?  » Qu’il faut être détaché de nos certitudes et a priori écouter l’appel au bonheur. Pour être heureux, il faut s’oublier soi-même et être à l’écoute de l’autre »,

    Que veut dire pour vous le mot vocation ?  » C’est se donner complétement dans ton activité pour les autres dans n’importe quel domaine « ,

    Pouvez-vous dire que vous avez une vocation ? « Dès le baptême, nous recevons cette vocation, elle est renouvelée aux communions, confirmation, par le sacrement de mariage, en devenant épouse puis maman, dans le travail, c’est être disponible pour les autres. Dans notre cœur, tu te dis – j’y vais malgré tout-, même s’il y a des tensions… parce que je veux le bonheur des miens et de ceux que je sers, je veux faire en sorte qu’ils reviennent et que l’on se sente bien ensemble »,

    Quand pouvons-nous dire que nous avons la foi ? « La foi fortifie dans les épreuves, on ne désespère pas. Quand on fait confiance à la personne en face et que l’on est à son écoute si elle a besoin d’être soutenue moralement »,

    Que signifie le mot croire ? « S’en remettre à Dieu pour qu’il nous montre le chemin à suivre, croire que la personne en face de vous peut aussi vous apporter de l’espérance, rester ouvert et recevoir des autres »,

    Quels personnages représentent les béatitudes ? « Les Béatitudes représentent tout un chacun de nous dans l’humilité. Il faut savoir accepter le client différent ou qui pense autrement, sans juger »,

    De quel bonheur dans ces Béatitudes s’agit-il et pour quand ? Pour cette vie présente ou pour l’au- delà ? « Le bonheur de ces Béatitudes, c’est la plénitude, être rempli de compassion, avoir du cœur, ne pas attendre de recevoir pour donner… Le bonheur commence dans notre vie sur terre, mais nous sommes sur terre pour faire notre calvaire; notre bonheur sera plein de grâce lorsque nous aurons rejoint la maison du Père »,

    Cette Béatitude est la 7ème. Que représente pour vous ce chiffre 7 ? « Le septième jour, Dieu contemple son œuvre, c’est le jour du Seigneur ! Pour nous, c’est être content de voir le résultat de nos efforts et voir ce que l’on peut encore accomplir pour suivre le chemin qui nous conduira vers le Père ».

  6. Je suis un artisan, car, à un moment, quelqu’un a pris de son temps pour me transmettre son art, son savoir – faire. Il l’a fait sans autre intérêt que de me voir lui succéder.
    Je suis un artisan, commerçant de Valenciennes… J’ai l’honneur et la fierté de partager sa tradition commerciale. Mes aînés commerçaient déjà au moyen- âge, au moment du Saint Cordon.
    Je n’aime pas cet « étalon- or », cette unité « Argent » qui résume actuellement toute notre société, qui mesure notre réussite ou notre valeur. L’argent ne donne pas la paix, c’est certainement un moyen plus qu’une fin.

    J’exerce une activité au service des sens et çà, c’est la Béatitude de mon métier !
    – Heureux, celui qui, comme moi, a la chance de pouvoir aider à voir et à entendre.
    Il obtient un sourire, parfois des larmes, mais toujours la paix !!!
    J’ai la chance de faire un métier utile, un métier de contacts, un métier de rencontres…

    – Heureux, celui qui est utile. Quand on rend une meilleure vision ou une meilleure
    audition, on ne fait pas de miracles, mais on approche le divin.

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